Les Chroniques du Grenier 25/07/07
Par En compagnie des Loups le mercredi, juillet 25 2007, 18:00 - Les chroniques du grenier - Lien permanent
Quand bien même ferais-je la sourde oreille que je ne pourrais pas ignorer que le terme est proche... Mon propre stylo à rendu l'âme,exsangue, hier... sec comme un vieux morceau de bois...
soit que j'ai tracé près de 3kms de lignes, de phrases et de mots depuis le 1er juillet pour en venir à bout... même le carnet dévolu à la rédaction de ces chroniques touche à sa fin. Tout juste s'il me reste la place de consigner nos trois derniers jours ici sur ses feuillets en papier recyclé (ben oui, pas les tracts mais mes carnets le sont, eux, en papier recyclé... pour sauver les arbreuuuuhs... je n'ai même pas vraiment mauvais fond... c'est à désespérer de tout!)
Il me semble qu'hier déjà j'évoquais le temps à venir des bilans... ceux que chacun fera pour lui-même, ceux obligatoires aux compagnies pour toucher le reliquat de subventions et déterminer l'avenir du spectacle présenté ici cette année... parfois, pour quelques-unes s'agira-t-il même de prononcer l'oraison funèbre de la structure en elle-même... au moins de façon provisoire parce que, la fatigue aidant, la duperie nécessaire à vivre et à faire se sera étiolée au fil des jours trop longs, des nuits trop courtes, des conflits dérisoires qui auront gonflé comme ces ballons d'enfants que l'on aperçoit parfois flotter au-dessus des têtes, dans les jardins aménagés des grandes cités urbaines et qui finissent, tout rabougris et fripés, par pendouiller lamentablement dans un coin de leur chambre...
La bataille du papier (certes, cette dernière pourra paraître bien anodine comparée à celle de l'Atlantique... mais seulement pour les ignorants.) reprendra alors, plus véhémente et plus décourageante que jamais pour celles (les compagnies.) dont l'existence ne tient finalement qu'à cette maîtrise technique de la pratique de la langue de l'administration... fussent-elles moins à plaindre que d'autres le temps d'une création, leur arraisonnement n'en reste-t-il pas moins probant? Comme la tentation de la dépendance... cette sorte de corde au cou que l'on se passe soi-même en imaginant tous les arguments(arguties ?) possibles pour justifier ce geste mortifère... l'instinct de survie (et pas de sur-vie, ça c'est sûr, pour le moins!) me dira-t-on... ou la défense de La Culture avec un grand C... comme con...me lanceront quelques autres empêtrés dans un fouillis conceptuel digne des plus gluantes gelées à la menthe qu'on aura dû bouffer (ou faire semblant!) lors de cette fameuse première excursion chez ces chers insulaires flegmatiques et snobs d'outre-Manche (non,décidément ces gens ne savent pas cuisiner!!)... Est-ce pour autant plus tendancieux que de chercher à plaire coûte que coûte à l'air du temps, comme Molière se résigna à écrire des farces sous la pression quand il ne rêvait que de produire ses tragédies ? Divertir... voilà bien l'autre maître-mot dont on ne saurait nier l'impact croissant dans nos sociétés contemporaines... autre subterfuge pour « dé-penser » en toute quiétude... pour sortir provisoirement la tête de l'eau comme le poisson de son bocal après trop de jours de croupissement... juste le temps de quelques quintes de rire jaune avant de replonger dans la mélasse... de retourner au vide... Bah... Lard pour lard, autant donner dans le bien gras qui rapporte... sans doute... et puis tout ceci n'est rien d'autre, encore une fois, que le re-surgissement inexorable de cette seule et unique question qui nos occupe: « le lieu de la jouissance » au un par un... là où ça se loge, individu par individu... là où continue de se dire un bout de cette incommensurabilité des êtres parlants que nous sommes... ce point d'achoppement qui permet de résister au concassage, à l'arrasage des têtes... le rouleau compresseur social... la sempiternelle quête de La Solution Une et qui vaudrait pour Tous... pouak, pouak, pouak...(c'est rien, juste une légère nausée.) Et qui n'épargne aucun milieu, aucune discipline... d'en savoir quelque chose explique peut-être pourquoi je finis par supporter avec tant de tendresse les postures de cabots, les crises d'égo et autres petites paranoïa entre amis... pathétiques ou glorieux, ça n'en reste pas moins autant de tentatives de résistance à la dissolution de son nom dans le gourbis social... et puis, comme le dit un dicton populaire: « si tu te cherches des amis parfaits, c'est que tu ne veux pas d'amis! » alors... dont acte.
Ps: retrouvez toutes les chroniques sur : http://memoiredemamemoire.theatre-contemporain.net/
Commentaires
En plein accord. Reviens vite !