Les chroniques du Grenier 23/07/07
Par En compagnie des Loups le lundi, juillet 23 2007, 17:49 - Les chroniques du grenier - Lien permanent
17ème chronique...déjà... pour entamer notre dernière semaine ici... 5 représentations encore et puis chacun ira rejoindre ses pénates... retrouver son quotidien qui s'est dissout dans la furie de ce festival qui n'en finit pas de se transformer en maxi supermarché...
je me plais à penser que G.Debord se serait déchaîné sans parvenir tout à fait à exclure la possibilité que tant d'obscénité l'aurait peut-être emmuré dans un mutisme dépressif et sans gloire... ce qui me fait penser à cette théorie ? Intuition de C.Mutafian, maître de conférence à la Sorbonne qui suggère que L.A serait le tombeau de l'arménité... comme si, finalement, pire que toutes les oppressions idéologiques, militaires, religieuses ou nationalistes, le shaker consumériste parviendrait seul à réussir la dissolution des noms, des appartenances, des cultures, des particularismes...peut-être même à l'anéantissement des « uns »...plus d'autre distinction que le montant de ses ressources... la taille de sa maison, de sa voiture, la pregnance de son succès... si cette perspective séduit en ce qu'elle semble promettre l'annihilation des menaces communautaires, elle ne saurait manquer de viser jusqu'aux racines de notre appartenance... d'effacer les traces... « Ce qui n'a pas été consigné n'existe pas. » écrit G.Chaliand... quelle place alors pour la mémoire, quelle chance de survie pour l'arbre sans racine, la maison sans fondation, l'homme sans passé ? Quelle possibilité de se souvenir du chemin parcouru ? D'y puiser la force et la fierté de ce qui a été accompli ? Quel intérêt, alors, pour nous tous de jouer ici, dans ce lieu chargé d'Histoire... entre ses quatre murs de pierres, de chaux et d'âmes(?) ? Autant jouer dans un hangar aussi éphémère que le lieu d'exposition de la « Dokumenta »2007. Plus de souci de transmission... plus de nécessité ni de raison de défendre la culture puisque seul vaudra, désormais, l'instant présent... mais non dans la perspective du Carpe Diem qui ne peut s'envisager qu'inscrit dans le temps qui dit la capacité de vivre... nous pourrons bientôt éditer un joli manuel de vie pratique qui deviendrait la nouvelle bible contemporaine... petit traité de savoir-vivre à l'usage de l'homme réduit à un simple matériau usinable... ou les 1001 manières de jouir juste et instantanément... chant macabre des torrents de pulsions dévastant tout ce qui restera de la condition humaine... Heureusement que j'ai tout de même eu la bonne idée d'emmener mon fils voir Annabelle Sergent...une presque heure entière de douceur et de rire, de poésie et d'humour légèrement grinçant... je sais désormais où trouver des pommes, que les bonnes vieilles méthodes d 'espionnages sont les meilleures et qu'une mamie, l'air de rien, ça fait du bien... et puis si je dois me recycler, moi, désormais, je ferais pilote d'autocar noir et blanc! Non, non, rien d'autre... ça c'est encore plus super hyper méga chouette qu'ethnologue des lieux interlopes... quoi que j'hésite encore avec tenancier de baraque à frites sur les bords d'une plage déserte...mais non, pilote d'autocar noir et blanc, ça a tout de même plus de gueule !
Commentaires
Hé hé ! Va savoir si les passagers te prendraient pas en otage pour te raconter leurs vies...