Yevrobatsi.org
Par En compagnie des Loups le mardi, juillet 17 2007, 16:49 - La Presse en Parle - Lien permanent
Un artiche de Michel Chirinian, Adjoint au maire d 'Avignon, chargé de la culture sur le site http://www.yevrobatsi.org
J'ai lu" Mémoire de ma Mémoire", un récit de Gerard Chaliand paru chez Julliard, et j'ai été frappé comme on peut l'être par une vérité qu'on a parfois du mal à s'avouer. C'est tout d'abord un sentiment de rejet violent pour un passé trop lourd, le désir d'échapper à l'emprise d'une histoire dont le poids nous étouffe. Ces ancêtres, femmes et hommes survivants enfermés dans un silence rempli de pudeur et de malheurs vécus.Pourtant, peu à peu cette attitude faite de dignité bafouée nous rattrape , nous interpelle et nous avons soudain la certitude que notre avenir se construit à partir de cette histoire. Il faut se souvenir, notre mémoire est , justement, notre survie. Ne dit-on pas "quand tu bois de l'eau souviens toi de la source".
Le 10 juillet, j'ai été voir la pièce qui vient d'être montée à partir de ce récit autobiographique, et qui se joue durant le Festival d'Avignon avec le soutien de la Région des Pays de la Loire. La pièce reprend le titre du récit : "Mémoire de ma Mémoire" et pose bien dans l'espace le cruel et souvent,non avoué,dilemme.
Trois Acteurs servent la pièce avec beaucoup de talent et d'émotion : Jacques Bourdat, Jean-Claude Falet, Odile Fredeval dans une mise en scène de Frederic de Rougemont.
Un des acteurs est le grand-père, il porte tatoué le long de sa colonne vertébrale l'alphabet Arménien, symbole criant de ce qu'il est et d'où il vient. Il est le témoin du Génocide et représente sa filiation avec l'auteur.
Le second personnage est , l'auteur, qui veut au début se défaire avec violence de ce passé qui l'obsède et l'emprisonne , croyant ainsi pouvoir se construire en s'amputant d'une partie douloureuse de lui-même.
Le troisième personnage est joué par une actrice qui represente tout ce que l'auteur vent fuir : la Memoire de ce Peuple Arménien martyrisé. Elle est habillée d'une robe longue faite de tous les noms d'hommes, de femmes , d'enfants torturés et assassinés, qui composaient ces caravanes humaines suppliciées sur les chemins de la déportation.
La mise en scène par sa rigueur et sa sobrieté (scène vide de tous décor ,excepté des carrés de lumières qui servent d'espace à chaque acteur) laisse au texte toute sa force. Les personnages sont "posés" sur la scène et se déplacent tels des pièces sur un échiquier dans ces carrés de lumières comme isolés face à un problème douloureux où rien n'est réglé, l'etat turc en ne reconnaissant pas le Genocide, bafoue les sepultures de tout un peuple martyrisé et laisse une plaie béante au coeur de chacun d'entre nous et tout en voulant y échapper, tant que cela sera en l'etat, nul ne pourra s'y soustraire. J'ai assisté à un grand moment d'émotion .
Michel Chirinian
Le 10 juillet, j'ai été voir la pièce qui vient d'être montée à partir de ce récit autobiographique, et qui se joue durant le Festival d'Avignon avec le soutien de la Région des Pays de la Loire. La pièce reprend le titre du récit : "Mémoire de ma Mémoire" et pose bien dans l'espace le cruel et souvent,non avoué,dilemme.
Trois Acteurs servent la pièce avec beaucoup de talent et d'émotion : Jacques Bourdat, Jean-Claude Falet, Odile Fredeval dans une mise en scène de Frederic de Rougemont.
Un des acteurs est le grand-père, il porte tatoué le long de sa colonne vertébrale l'alphabet Arménien, symbole criant de ce qu'il est et d'où il vient. Il est le témoin du Génocide et représente sa filiation avec l'auteur.
Le second personnage est , l'auteur, qui veut au début se défaire avec violence de ce passé qui l'obsède et l'emprisonne , croyant ainsi pouvoir se construire en s'amputant d'une partie douloureuse de lui-même.
Le troisième personnage est joué par une actrice qui represente tout ce que l'auteur vent fuir : la Memoire de ce Peuple Arménien martyrisé. Elle est habillée d'une robe longue faite de tous les noms d'hommes, de femmes , d'enfants torturés et assassinés, qui composaient ces caravanes humaines suppliciées sur les chemins de la déportation.
La mise en scène par sa rigueur et sa sobrieté (scène vide de tous décor ,excepté des carrés de lumières qui servent d'espace à chaque acteur) laisse au texte toute sa force. Les personnages sont "posés" sur la scène et se déplacent tels des pièces sur un échiquier dans ces carrés de lumières comme isolés face à un problème douloureux où rien n'est réglé, l'etat turc en ne reconnaissant pas le Genocide, bafoue les sepultures de tout un peuple martyrisé et laisse une plaie béante au coeur de chacun d'entre nous et tout en voulant y échapper, tant que cela sera en l'etat, nul ne pourra s'y soustraire. J'ai assisté à un grand moment d'émotion .
Michel Chirinian
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