Les chroniques du Grenier 16/07/07
Par En compagnie des Loups le mardi, juillet 17 2007, 16:56 - Les chroniques du grenier - Lien permanent
Aujourd'hui c'est relâche!! Il fallait bien un peu de repos, une bouffée d'oxygène pour les comédien(nes) qui jouent sous tension jour après jour depuis le 6, exposés à la folie d'une vie de festival, vitrine marchande des compagnies, victimes des aléas mystérieux de la fréquentation, de la reconnaissance, des échos journalistiques(si tant est qu'il y en ait...
Grand barnum où les angoisses se superposent et se mélangent quelques soient les stratagèmes que l'on essaye d'inventer pour se préserver... quelle que soit l'expérience même, peut-être, puisque dans le fond, comme dans la vie, les festivals se suivent et ne se ressemblent pas tout à fait, ce qui rend caduc la base de données factuelles à laquelle on tente générale-ment de se raccrocher... il n'y a que le savoir intime que l'on saurait ou aurait pu produire qui peut, à la rigueur, servir de bouclier...hum, sans doute qu'il serait plus juste de parler de lampe-tempête... petite loupiote vacillante mais constante en ligne de mire dans ce fatras d'illusions et de senti-ment(s) exacerbés...
Là où, précisément, il est impossible de douter de l'engagement de tout ceux qui sont ici... de la « mise en gage de leurs corps » dans cette bataille un peu folle où les forces sont inégales, la distributions des armes injustement faite, et ce quoi qu'en prétendent les différentes instances de tutelles dont la profession s'est dotée au fil des ans, depuis que J.Vilar a décidé de créer ce festival sur les ruines laissées par le débarquement de Provence. « Rebâtir ce qui fut saccagé »(G.Chaliand) avec le dit des hommes comme matériau premier... Ce qui me fait songer à cette parabole que contait Benini un jour où on l'interrogeait sur l'importance ou la nécessité de l'art: « trois hommes cherchaient à couper ou déplacer ( je ne me souviens plus exactement.)tombé au milieu de la route... ils avaient beau forcer comme des bêtes, rien à faire, le tronc leur résistait...au bout d'un moment, l'un d'entre eux se mit à chanter...ou à déclamer des poèmes (?)... les deux autres y puisèrent alors la force de déplacer le tronc... » et Benini de conclure : « voilà, l'art ne sert à rien, il est juste essentiel! » Défendre l'inutile, c'est peut-être là l'acte Politique qui risque de tant faire défaut dans cet air du temps légèrement nauséabond où l'on prétend vouloir recycler les « artistes » dans le socio-cul...pouak...bref, pour nous tous, pour chaqu'un(ceci n'est pas une faute!!) d'entre-nous dans sa pratique comme dans sa réception... parce que ça nous est essentiel nous ne cessons d'y revenir, malgré tout, passant outre les les ras-le-bol, les fatigues, les colères, les déceptions, les larmes, les cris, les ruptures... au-delà, des concepts et autres théorisations qui ne servent jamais qu'à glorifier ceux qui les pondent comme des poules en batterie à la tribune éphémère de leur temps... grand bien leur fasse!! ça les occupe et ça reste toujours moins nuisible que les conflits armés. Il vaut mieux savoir en rire... l'esprit de sérieux, finalement, est le sel du comique de situation... Les équipes de l'ombre, Oncle Phil et ses loupiots, elles, ne font malheureusement pas relâche... il faut bien que les spectacles reprennent demain, que les nouveaux puissent commencer à jouer, donner à voir et à entendre un peu de poésie au milieu du « bruit et de la fureur »... si joli titre de R.Char me semble-t-il, souvenir confus, reliquat diffus de ma lointaine lecture de « l'écriture ou la vie » de J.Semprun... Mais dans le fond, tout ce qui se joue ici (comme ailleurs) tout ce dont nous parlons, tous, dans tous les sens, qu'on le sache ou qu'on l'ignore, volontairement ou non, sans cesse, ça n'est qu'un dit d' Amour...rien de plus mais rien de moins...presque rien sans doute pour les aficionados de l'utile...les chantres du rentable... mais qu'importe,n'est-ce pas puisque nous nous savons bien que c'est bien de l'essentiel qu'il s'agit ? ! Hum ? Je vous l'demande?!?
Commentaires
"It is a tale told by an idiot, full of sound and fury, signifying nothing"
C'est dans Macbeth très cher, le bruit et la fureur, celui que Faulkner a repris.
Le bruit et la fureur c'est ce qui se passe autour du texte de René Char dans la cour du palais des papes semble t'il