LES BEAUX FOUS DE LA MÉMOIRE...
Par En compagnie des Loups le dimanche, mai 6 2007, 11:06 - Humeur - Lien permanent
les jours passent et ne se ressemblent
pas...Nous continuons d'avancer, pas à pas, entretenant de proche en proche ce
fil de la création qui nous lie les uns aux autres aussi surement que
l'Amour...N'en est-ce pas, du reste, de l'Amour ?
À l'effervescence des jours de création pure, de l'acte scénique en lui-même a succédé le travail des fourmis ouvrières, la longue(et parfois fastidieuse.) entreprise d'organisation d'Avignon, la réflexion et la mise en branle d'une stratégie de communication digne de ce nom et sans laquelle, de nos jours, rien n'est possible...
Il faut bien s'y coller...jour après jour imaginer les tactiques, cibler les lieux, les personnes, les organismes aussi divers que variés qui régissent l'espace de visibilité étroit imparti aux arts de la scène...appeler,écrire-par voie postale et électronique-téléphoner, chercher à rencontrer...encore et encore...les échéances approchent, même s'il reste difficile de se convaincre de l'urgence tant tout cela, optusément, continue à prendre le masque du dérisoire...tout au moins dans ce comparatif (auquel nous ne saurions plus que les autres échapper.) avec l'écriture et la scène...re-surgissement permanent de la question administrative dans le geste de la création...l'épure ne devient possible qu'à condition, en préalable, d'avoir trouver comment se loger, comment payer les affiches et les flyers, parce que nous aurons su avertir le public de notre présence en tel lieu, à telles dates...de la lourdeur de ces jours-là...
Je pensais à ça, malgré moi, la dernière fois que j'ai pris le train pour rejoindre Frédéric à Nantes...je voyais défiler les paysages, vissé sur l'inconfortable tabouret du bar où je passe l'intégralité de mes voyages, mes petits carnets ouverts devant moi, la musique du spectacle dans les oreilles...faire vivre cette création...Que l'information parvienne jusqu'au public, quoi qu'il en pense par la suite, mais qu'il sache au moins que ça existe...que ce sera là, à sa disposition, libre à lui d'y venir ou non, mais qu'il le sache...
Nous nous sommes retrouvés pour peaufiner le docummentaire réalisé avec la classe de BTS du lycée de Montaigu...ils étaient là, tous, Marion, Thomas, Thibault, Anna, Émeline...une pierre de plus à rajouter dans la besace de ce bonheur à vivre ce que nous avons envie de vivre, à partager avec eux, qui en sont encore à se donner les moyens de vivre une vie qui leur ressemble...des sourires qui s'échangent, du désir qui se partage...pour au final un travail de grande qualité...un outil supplémentaire pour faire passer notre message...le rôle peut-être plus fondamental que jamais que peut et doit jouer le théâtre dans la transmission de la mémoire, cette capacité unique de donner à vivre une expérience...les mots entrecroisés de tous ceux qui ont accepté de se prêter au jeu des entretiens pour composer une mosaïque riche et passionnante, un autre levier, un complément à la scène...ou l'idée que je me fais de la bonne utilisation de la technologie au service de l'homme...
L'histoire continue...
Commentaires
Sourires.. aux voyages en train.. Ceci dit.. je ne vais jamais au coin bar du TGV.. le café trop épouvantable..
Et puis.. oui c'est de l'amour.. la question est presque une affirmation..non En est une. Le travail en coulisses..petites fourmis.. à l'oeuvre aussi. Le spectacle continue... Malgré la lourdeur de ces jours là..et à venir. D'autant plus nécessaire.
Imaginons une seconde que ce chemin soit bien celui du théâtre. Que cette aventure qui nous amène au coeur de l'administration soit une version moderne du chariot de thespis. Une sorte de voyage intrinsèque au théâtre. Une des phases qu'il oblige. Alors c'est le nôtre. Notre Théâtre, et nos questions. Voyons qui y résistera... Moi non plus je ne quitte jamais le bar du TGV... cela dit, dans les nouveaux on ne peut plus s'asseoir, pour ne pas rester... ne pas rencontrer. A cet endroit, le joug est plus sensible. Le goût du café était une épreuve, rester debout pendant deux heures en devient une autre. En résistance joyeuse ... nouvelle épreuve couleur quadra recto seulement demi-couché ... d'amour.
Ah, il semble qu'il soit enfin possible de commenter...donc, oui Thea, cette question n'en est pas une...et rien à faire, les bars et moi...dans les trains...même de bidasses, c'est pour dire