A cet endroit, on pourrait énoncer quelques bases de l'écrasement de la culture par la langue administrative
Par En compagnie des Loups le samedi, mars 17 2007, 23:47 - Humeur - Lien permanent
Ici, pour que le culture ne soit pas un commerce, l'artiste doit devenir administrateur.
A cet endroit, on pourrait énoncer
quelques bases de l'écrasement de la culture par la langue administrative. Ou
pire encore de l'écrasement de nos compagnies théâtrales par les
administratifs. En vingt ans, je n'ai vu que disparition de métiers, d'ouvrier
et de savoirs faire dans les théâtres, de lieux de fabrication, de menuiseries,
d'entrepôts mémoire des lieux, de trucs et d'astuces de machinistes, de
cintriers magiciens, de cavernes remplies d'accessoires, de mobiliers de bouts
de décors, donc de rêves, au profit de bureaux aseptisés et d'administrateurs
muselés par leur propre administration, comptables des compagnies, tricheurs
des assedics et tristes de l'être. Pas très résistants ? Là n'est
probablement pas la question, ce serait trop facile de jetter la pierre. Disons
plutôt que c'est une belle invention que d'insérer un maillon fusible et de le
nommer comme responsable, quand il est sans autre pouvoir que de suivre les
souhaits du groupe ou celui des financiers. Quand un directeur technique fini
en prison après l'effondrement d'un gradin, ce sont tous les directeurs
techniques de France qui se souviennent ou qui apprennent qu'ils sont
civilement responsables. Et à ce moment l'ordre de mettre plus de gens dans une
enceinte n'est plus accepté par les responsables qu'ils sont devenus. Il
faudrait sans doute qu'un administrateur reconnaisse que la déviation des
droits assedics des intermittents n'a pu se faire qu'avec leur consentement
pour qu'enfin ces mêmes administrateurs puissent prendre entièrement leur place
et choisir leur camp. C'est à cette condition que le statut de l'artiste pourra
être défini sainement. Il faudrait dans doute que les administrations
culturelles reçoivent - pour rire - l'ensemble et la variété des dossiers de
demande de subvention que le théâtre reçoit chaque année. Tous différents pour
décrire le même spectacle. Tous aussi stérile quand à la logique artistique des
étages à gravir. Tous aussi réducteurs de capacités en statuts, et d'êtres
en cases à remplir. Ici, pour que le culture ne soit pas un commerce, l'artiste
doit devenir administrateur.
Commentaires
Oui, il faut effectivement qu'il accepte d'en savoir quelque chose s'il veut gagner de la liberté...paradoxe infernal que de devoir s'user dans cette tache ingrate et donc d'y brimer, et son temps, et sa créativité pour préserver quelque chose de celle-ci...apprendre que perdre est une nécessité, la liberté résidant exactement là où l'on place la perte moindre...