Mardi 27 février minuit 9 La maison est silencieuse.Les garçons dorment.Je suis seule sur la table Henri 2 de la salle à manger avec sa toile cirée scènes de chasse du siécle dernier dans le gîte Landais ou nous logeons, meublé de façon utilitaire et spartiate par son propriétaire, un colonel à la retraite.Je fais rentrer dans ma tête les mots précis et tranchants de Gérard Chaliand ,dans ma tête. Plongeon dans l'histoire, dans la culture et la musique Arménienne, faire revivre dans notre retraite Landaise ce pan de l'histoire niée, ses fantômes. C'est bien d'être loin de chez soi, sans repères pour tenter de mettre nos pas dans ces traces là. C'est dur d'être loin de mes filles, quatre semaines déjà, passées les vacances de février..... J'ai la sensation que nous tissons jour après jour, geste par geste, une toile qui est celle de la roue du monde, de la transmission, des ancêtres, du toujours perpétué. Nous évoluons dans un temps autre, fouillant, cherchant, à l'affût, réglant avec précision un rouage humain de corps et de mots, centrés, concentrés, dans une grande densité, traversés de grands moments d'exaltation, "c'est ça!", de rires et de décompression. Dehors , dans l'autre temps, il y a la toile cirée avec les scènes de chasse, Ségolène et Nicolas, Jean-luc et François........ Nous suivons également avec intêret ce monde là, son évolution, étrange interpénétration: Démocratie, Nationalisme, injustice, Liberté, Egalité, Tolérance, résonnent forts, d'autant plus fort! Bientôt d'autres membres de l'équipe vont rejoindre l'antre, voir ou en sont nos fouilles, apporter leurs rêves et leurs vestiges, quel vertige! Nous sommes à cette étape là de la création Odile frédeval