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  <title>Mémoire de ma mémoire - Arménie</title>
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  <description>L'actualité de &quot;mémoire de ma mémoire&quot; de Gérard Chaliand, 
Adaptation et mise en scène Frédéric de Rougemont
Collaboration artistique
Séverine Bourguignon
Franck Olivier Laferrère
Avec
Jacques Bourdat, Odile Frédeval, Jean Claude Falet
Le journal de la création en direct. Vos commentaires, vos impressions ....</description>
  <language>fr</language>
  <pubDate>Thu, 28 Aug 2008 01:31:24 +0100</pubDate>
  <copyright>©encompagniedesloups</copyright>
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  <item>
    <title>Semaine arménienne en Avignon par  Evelyne Barsamian  3° génération (moitié moitié)</title>
    <link>http://memoiredemamemoire.theatre-contemporain.net/post/2007/10/04/Semaine-armenienne-en-Avignon-par-Evelyne-Barsamian-3-generation-moitie-moitie</link>
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    <pubDate>Thu, 04 Oct 2007 13:42:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>En compagnie des Loups</dc:creator>
        <category>Arménie</category>
        <category>Evelyne Barsamian</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://memoiredemamemoire.theatre-contemporain.net/public/memoiredemamemoire/E-Barsamian.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;©Evelyne.Barsamian&lt;br /&gt;Les ombres démesurées, sombres et inquiétantes de l’histoire précèdent les pas pressés des promeneurs d’aujourd’hui….&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Les ombres démesurées, sombres et inquiétantes de l’histoire précèdent les pas pressés des promeneurs d’aujourd’hui….&lt;br /&gt;Les ombres se déploient, se précisent, bruissent et vibrent  une semaine durant.&lt;br /&gt;du 12 au 20 juillet à Cultura, sous la puissante impulsion de Mooshegh Abrahamian et de sa compagne.&lt;br /&gt;Les ombres deviennent tapis, dentelles. La trame de l’histoire croise la chaîne du quotidien, de brillants conférenciers manient la navette de la culture.&lt;br /&gt;Véronique Bruna-Mardoyan nous retrace l’histoire de cette Arménie jadis puissante,  déployée d’une mer à l’autre pour bientôt, au fil des vicissitudes des guerres, des traités et des partages ne devenir qu’une peau de chagrin. Des traînées sanglantes balafrent la carte, en longue cohortes de suppliciés et déportés ; Génocide.&lt;br /&gt;Le roman le fou nous en témoigne dans une saisissante métaphore qui vaut pour l’époque de de son écriture (XIX°)  mais aussi comme projection du destin à venir :&lt;br /&gt;« Hairapet contemplait en particulier un pommier que du lierre enlaçait, du tronc jusqu’aux branches, comme s’il voulait épuiser, étouffer et, pour finir, engloutir cet arbre déjà étiolé, desséché, défeuillé…[…]Voilà une plante sauvage, inutile, sans racines dans la terre nourricière : elle vit aux dépens d’un arbre fécond qu’elle paralyse et dont elle prélève la sève, pour finalement le vider de sa substance et le tuer,……Le Kurde fait-il autre chose, lui qui vit comme un parasite aux crochets des Arméniens ? (Le Fou chap 16 page 134)&lt;br /&gt;Et bientôt les ombres du passé rejoignent aujourd’hui. Le talent des artistes du festival projette les lumières d’Arménie jusque sur le pont d’Avignon… &lt;br /&gt;Rencontres avec les artistes se produisant au festival international de théâtre à Cultura, à la maison Jean Vilar.&lt;br /&gt;Projets scéniques, sensibilité collective, interprétation individuelle. Tout coexiste, se mêle et se livre au public.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce foisonnement nous livre des douleurs mais délivre  aussi des trésors.&lt;br /&gt;Films, débats, livres, films, musiques,  drapeaux, spécialités culinaires s’enchevêtrent.&lt;br /&gt;De doctes universitaires font revivre l’architecture médiévale arménienne (Patrick Donabédian), la trace de l’histoire  via l’écriture (Claude Mutafian) et les relations anciennes qui unissent France et Arménie...  La communauté arménienne d’Avignon s’expatrie jusqu’à Marseille pour visiter l’exposition de la vieille Charité sur la magie de l’écrit…&lt;br /&gt;Architecture et écrit se mêlent dans la cité phocéenne, comme en Arménie….&lt;br /&gt;Les conférences de Cultura nous ouvrent sur le monde d’hier  et celui de maintenant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La culture populaire nous submerge de sa bonne humeur, de sa sagesse empreinte de bonhomie paysanne via les contes Arméniens relatés par Reine Cioulachtjian &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et puis, ce sont les ombres qui effraient, qui dépassent, qui enserrent d’angoisse glacée les vivants survivants…La fumée des incendies nous étouffe. La suie efface les ombres.&lt;br /&gt;Des responsables juifs viennent témoigner de leur parcours, de la Shoah, de la reconnaissance collective si longtemps réclamée et enfin obtenue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alexis Govciyan  nous expose l’actualité du génocide, la modernisation et l’ajustement de la situation à la France via République et citoyenneté,&lt;br /&gt;Une ethnologue venue spécialement de la mère patrie Vergin Svazlian témoigne de la mémoire des survivants face à l’impunité du génocide, de son long, minutieux et patient travail pour recueillir témoignages et mémoires culturelles.…..&lt;br /&gt;Et la question arménienne s’étend jusqu’à la fin de la semaine, Politique internationale, Europe, Turquie…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;©Evelyne.Barsamian&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Désormais, les ombres de l’histoire projetées sur les scènes et écrans Avignonnais s’assimilent peu à peu.&lt;br /&gt;La lumière point. L’espoir renaît. La vie reprend. Un enfant joue avec son ombre démesurée.&lt;br /&gt;L’initiateur de ces évènements, Mooshegh Abrahamian a traduit un roman historique, le fou, dont la sortie a été prétexte à cette semaine culturelle.&lt;br /&gt;Après les vicissitudes, le cauchemar « le paradis perdu semblait renaître, l’âge d’or était de retour, cette époque bénie où la méchanceté et l’injustice n’avaient pas encore privé le monde de sa pureté originelle[…..]les temps sont différents, Ce que je suis aujourd’hui correspond bien à l’actuelle génération. Des progrès considérables se sont accomplis…. » Roman Le fou page 378-380 Raffi éditions Bleu autour).&lt;br /&gt;Et l’auteur dans sa visionnaire utopie, rêve du débat parlementaire, seule voie de réparation et de reconnaissance de l’histoire, seule possibilité de reconnaissance et de partage universel des richesses culturelles…..&lt;br /&gt;Le feu d’artifice clôt la semaine. Le soleil renaît, les ombres s’effacent.&lt;br /&gt;Un enfant confiant dort encore, plein d’espoir en suçant son pouce.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>les péripéties de la mémoire traumatisée par Evelyne Barsamian</title>
    <link>http://memoiredemamemoire.theatre-contemporain.net/post/2007/08/27/les-peripeties-de-la-memoire-traumatisee-par-Evelyne-Barsamian-Aout-2007</link>
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    <pubDate>Mon, 27 Aug 2007 08:11:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>En compagnie des Loups</dc:creator>
        <category>Arménie</category>
        <category>Evelyne Barsamian</category>    
    <description>&lt;p&gt;Les volets bleus  sont à demi tirés. L’air est brûlant. La pénombre de la pièce mi-close est rafraîchissante.Dehors est écrasé de soleil. C’est le moment alangui du canapé, de la sieste et de la lecture.
Je feuillette négligemment  le catalogue épais des spectacles off. d’un œil embrumé par le poids d’une paupière lourde.
Un titre fuse du foisonnement et  harponne mon regard «&amp;nbsp;Mémoire de ma mémoire&amp;nbsp;»
Le titre ouvre mes yeux. Secoue les limbes. Je suis d’un coup tout à fait réveillée.
Quelle l’idée saugrenue que  d’intituler ainsi un spectacle ?? Qu’est ce qui me tire ainsi brusquement de ma torpeur, plus vivement qu’une armada de moustiques&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Les ombres s’allongent pour signifier  un espoir possible si ce n’est une annonce certaine de fraîcheur. J’ouvre les volets bleus. J’hume l’air encore chaud à l’odeur prenante d’asphalte cuit. Les cigales envahissent l'espace sonore..
La curiosité me meut intra-muros,  au cœur ultime de la ville historique, dans la cour pavée de la  maison Jean Vilar, temple indiscutable  de la mémoire du festival&amp;nbsp;;
Ca sent l’odeur rance du restaurant d’a côté, les poubelles mal lavées sans doute. Le melon moisi. Les chaises de plastique rouge  sont dures et brûlantes, le café est bon.
Au programme, rencontre des auteurs et du public&amp;nbsp;; voici enfin venir  celui qui a  commis cette œuvre au titre si mnémotechnique&amp;nbsp;:
Gérard Chaliand. Un arménien. Mon père aurait eu presque son age s'il avait survécu.Ils se ressemblent un peu d’ailleurs Choc. C’est l’année culturelle de l’Arménie en France cette année. J’avais oublié.
Un gigantesque et  inattendu pied de nez de la mémoire surgit de nulle part, un géant sans visage me nargue et me provoque, comme ça, en fin d’après-midi, au détour d’une cour, sans prévenir.
L’Arménie&amp;nbsp;: mon grand-père paternel, ma grand-mère paternelle venaient eux aussi de là-bas.
Moi aussi je dois en venir aussi  un peu finalement. Enfin c’est que disent les généticiens.
Je ne sais pas très bien où c’est, à l’est là-bas, plus loin que les confins contestés de l’Europe, dans un espace indéfini, où coexistent fées, dragons et magiciens.
Au creuset du monde.&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;Enfant, les récits magiques de mes grands-parents me faisaient entrevoir là-bas une carte au trésor portant d’indéchiffrables écritures,  un Eldorado ou un pays de cocagne merveilleux et magique. Ca sentait la fleur sauvage, le vent de la montagne, la fraîcheur des sources, la sacralité des églises&amp;nbsp;; la douceur de vivre. Le four du boulanger, le miel et la cannelle, le café fraîchement torréfié surtout. On y entendait le bêlement des troupeaux, la flûte mélancolique du berger, le bruissement de l’herbe.
Mal assise dans ma chaise rouge de tracteur, je rêve confortablement, les yeux mi-clos au fabuleux pays de mes ancêtres…
J’ai mal aux oreilles. Des mots effrayants, durs, menaçants les blessent, les submergent, les bouchent. C’est un fracas métallique qui les envahit maintenant, un bruit sec de têtes qui roulent. Génocide, exode, mémoire. C’est de cela dont on parle sous le soleil, dans la cour Jean Vilar, en fin d’après-midi, en Avignon.
Mes grands parents, eux, de leur mémoire déchirée, ils ne m’en ont jamais  jamais parlé.
Oubli. Déni. Fuite. Leur mémoire avait oublié leur mémoire.&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;Vie. Ils  vénéraient la vie.&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;Evelyne Barsamian Aout 2007&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>« Tout coexiste, se mêle et se livre au public »  par Maurice Alloyan</title>
    <link>http://memoiredemamemoire.theatre-contemporain.net/post/2007/08/24/Commentaire-par-Maurice-Alloyan</link>
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    <pubDate>Fri, 24 Aug 2007 16:47:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>En compagnie des Loups</dc:creator>
        <category>Arménie</category>
        <category>Maurice Alloyan</category>    
    <description>&lt;p&gt;Le commentaire d’Évelyne Barsamian, sur les événements de ’’ La semaine Arménienne d’Avignon ’’ est exhaustif.
Si tel était le cas, il n’en appellerait - de fait - aucun autre (commentaire).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Si je me permets ces quelques lignes c’est sur son invitation, d’une part et suite à son affirmation « Tout coexiste, se mêle et se livre au public ».
Le commentaire d’Évelyne m’inspire, il crée un besoin.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;J’ai envie d’extraire du Tout, dont on a vu qu’il était vaste, un moment de la pièce&amp;nbsp;: ‘ Mémoire de ma mémoire ‘.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pièce à trois acteurs sur scène évoquant, entre autre, le déroulement du siège par l'armée turque, d'une place forte tenue par des villageois arméniens, puis l’anéantissement annoncé, inéluctable des assiégés. Je vais comprendre qu’ils représentent en réalité un Tout autrement important – sans doute le Peuple Arménien – et pourquoi pas, tant l’acteur Jacques Bourdat s’implique et s’élève, se transcende - dans la mise en œuvre deux acteur grandissent alors l'acteur principal, pour que, en fin de spectacle, par ’’ Son ombre démesurée ’’ … il aille à Dieu&amp;nbsp;! -&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Toute l'Histoire préalable et l'Heure Théâtrale passée se cristallisent alors en une tirade dramatique à l'Antique.
&quot; Dieu se plaint, ne comprend plus les Hommes &quot; (voulus à son image) …
Nos Anciens, devant le Malheur généralisé ont dit &quot; Dieu est devenu fou &quot;.
Non.
On voit là que ce sont les hommes qui sont fous.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;… Au-delà de l’exigence artistique nous étions réunis dans une volonté de témoigner. Je connaissais, pour l’avoir déjà abordée, cette nécessité de l’engagement, celle de porter, de transmettre, de dire à la face du monde ce que certains veulent taire ; non pas dans un esprit de haine, de vengeance ou de revendication culturelle ou ethnique, mais plutôt d’hommage à la vie, de célébration du sacré de la vie qui reprend têtue malgré sa négation.
Nous gens de théâtre, nous le savons bien : quand on veut empêcher la création dans un endroit, elle renaît dans un autre, comme la vie… ’’ JC Falet*&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mémoire de ma mémoire,
L’acteur J. Bourdat est effondré dans la pénombre en fond de scène, recroquevillé sur lui-même, en position fœtale, il est épouvanté, il geint, il pleure du spectacle des hommes agissant pire que des bêtes, ici l’armée turque est sortie vainqueur … mais comment ?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Témoin déchiré, il peut encore, entre des sanglots, péniblement, rapporter les crimes de masse commis ici ou là et qui dépassent l’entendement&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- La troupe, sur ordre, changée en des assassins doit achever - à sa guise, sans discernement, il n’y aura pas de compte à rendre - hommes femmes vieillards enfants …
- Éventrant les femmes enceintes (gestes abortifs symboliques).
- Ferrant, tel un âne, un vieillard et le forcer à avancer.
- Recherchant des pièces éventuelles dans les entrailles des victimes, des colonnes finissantes qui marchent encore, vers quel terme.
C'est la fin.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le spectateur de la seconde génération que je suis, qui a entendu et réentendu ses deux parents - témoins séparés, rescapés - souffrant toujours, voulant parler, comprend mieux que son histoire familiale – ainsi rendue ouvertement sur scène ’’ par le talent des auteurs et des artistes ’’ - s’étend … par le ’’ foisonnement des douleurs ’’ à l’Ensemble des Vivants.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt; » nous étions réunis dans une volonté de témoigner &lt;a href=&quot;http://memoiredemamemoire.theatre-contemporain.net/post/2007/08/24/…&quot; title=&quot;…&quot;&gt;…&lt;/a&gt;de célébration du sacré de la vie qui reprend têtue malgré sa négation.  » JC Falet*&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pour valoir ce que droit … puisque nous sommes là et transmettons ...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Maurice Alloyan&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Festival d’Avignon 2007, année de l’Arménie en France…</title>
    <link>http://memoiredemamemoire.theatre-contemporain.net/post/2007/07/27/Festival-dAvignon-2007-annee-de-lArmenie-en-France</link>
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    <pubDate>Fri, 27 Jul 2007 12:55:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>En compagnie des Loups</dc:creator>
        <category>Arménie</category>
        <category>Evelyne Barsamian</category>    
    <description>&lt;p&gt;Mes  grands parents paternels venaient de là-bas … mes pas me conduisent tout droit aux spectacles issus de cette mémoire collective.
J’ouvre un livre « histoire de l’Arménie » vieille civilisation, la trace hellène y est partout prégnante. Incontournable.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Tiens, c’est comme en Avignon…Avignon, la Grèce, l’Arménie…&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Sur les rives du Rhône, le théâtre grec est soudain là, polymorphe, arménisé. L’art rejoint l’histoire.
.
Le pathos et le coryphée s’exposent et se développent pour »mémoire de ma mémoire » de Chalian interprété par la Compagnie des loups au grenier à sel, de façon grave,  solennelle et douloureuse, une sombre histoire collective où seules de petites touches nous ramènent au parcours individuel.
La  catharsis exubérante explose de musique, de mouvement et de couleur pour un parcours singulier dans « le concert arménien ou le  proverbe turc » au théâtre des Corps saints avec Gérard Torikian
La transcendance  du masque atteint l’universalité via la transe virevoltante de Balkis Manoukian dans « l’éclat des lucioles » au théâtre des Corps Saints compagnie Et Lounda.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La vieille mémoire du monde est la. L’Arménie  pleure, souvent souffrante, parfois joyeuse, accompagnée du duduk mélancolique. Les traces sanglantes de l’histoire s’imposent. Triste fil rouge.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Tour à tour épopée antique guerrière dans mémoire de ma mémoire, fortement empreinte de l’âpreté montagneuse  du pays d’Arménie c’est la chasse, la chasse à l’homme dans une vision classique d’un théâtre proche de ses racines hellènes,  sobrement dépouillé, et par là même encore plus violent et cru. Noir et blanc. Nul autre espoir de survie que la trace écrite dans cet univers désespéré. L’alphabet arménien comme transmission et acte de résistance. Survivre. Pathos.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Antique encore l’odyssée théâtrale et musicale de Torikian ; fantasque,  Homère s’aventure sur les rivages de l’Euphrate. Ulysse,  après avoir parcouru les îles grecques, nous dépose en Arménie pour une étape supplémentaire (Merci Danièle Mardoyan pour l’avoir soufflé). Du dépouillement implacable on passe au foisonnement loufoque et coloré. Le lourd passé est expurgé en une succession de saynètes  enlevées,  l’histoire familiale et personnelle est là, toutes les facettes de la culture arménienne aussi.
Sans renier le passé douloureux, un espoir de vie,  de pardon se fait jour. L’oppressé relève la tête. De mort-vivant on passe à vivant. Catharsis.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Soudain, les lumières surgissent de la nuit « c’est l’éclat des lucioles » de la compagnie Et Lounda, le solo de Balkis Manoukian.
Le destin est transcendé, les ponts entre Orient et Occident sont jetés. On sort par une danse spiralée du processus involutif, désespérant qui enfermait. Le masque blanc permet à tout un chacun de se reconnaître ; il est dansé de dos, un nouvel être est ainsi exprimé ; ni d’ici ni d’ailleurs, pas d’hier, ni d’aujourd’hui, peut être de demain. Le centre douloureux de la mémoire se dilate et s’ouvre au monde.  Le poids de l’histoire se fait plus léger, expression artistique contemporaine et traditionnelle se côtoient et l’individu reprend sa place singulière, fils de l’histoire et enfant de la vie, justement proportionné à l’infini de l’univers, à l’intemporalité,  « un éclat de luciole dans la nuit ». Masque arménien. Masque grec. Maschera ?
De la tragédie pathétique, les spectacles du festival nous ont conduits au  voyage initiatique pour aboutir à la transe incantatoire. De collectif, le destin devient singulier pour s’ouvrir enfin à l’universalité de l’art et  la vie.
Evelyne Barsamian 3° Génération.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Merci à la compagnie des loups pour son spectacle en Avignon.</title>
    <link>http://memoiredemamemoire.theatre-contemporain.net/post/2007/07/27/Merci-a-la-compagnie-des-loups-pour-son-spectacle-en-Avignon</link>
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    <pubDate>Fri, 27 Jul 2007 12:50:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>En compagnie des Loups</dc:creator>
        <category>Arménie</category>
        <category>Evelyne Barsamian</category>    
    <description>&lt;p&gt;Adhérente à l'association Arménienne d'Avignon, j'ai pu un petit peu cotoyer votre travail...
Issue de la 3° génération, d'une mère française et bien inculte en la matière, la force dramatique de votre spectacle dépouillé m'a touchée.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;L'immense travail de recherche qui l'accompagne et la prestation scénique époustouflante de Jacques Bourdat, ainsi que le travail graphique de la maquilleuse sont vraiment à signaler.
Cependant je m'interroge,&amp;nbsp;:
la mise en scène et tout le travail sur la mémoire, la trace est-il bien lisible pour un spectateur non averti, non armenophile&amp;nbsp;? Pour celui qui ne connait ni l'écriture arménienne ni l'arrière plan culturel&amp;nbsp;? Est-ce bien accessible à tout public dans sa forme et tout un chacun peut-il saisir le message fort et important que vous transmettez&amp;nbsp;?
Il me semble que le parcours historique et collectif est plus mis en exergue que le parcours individuel qui y conduit et y ramène. Le parcours individuel  discrètement évoqué est-il suffisamment présent pour  permettre à tout un chacun de se projeter dans cette grande fresque épique, archétypale&amp;nbsp;?
Voila mes modestes interrogations.
Merci à vous.
Evelyne Barsamian&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>« … notre nation trois fois millénaire a pu survivre par son obstination à parler notre langue et à conserver sa foi.</title>
    <link>http://memoiredemamemoire.theatre-contemporain.net/post/2007/02/20/notre-nation-trois-fois-millenaire-a-pu-survivre-par-son-obstination-a-parler-notre-langue-et-a-conserver-sa-foi</link>
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    <pubDate>Tue, 20 Feb 2007 12:20:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>En compagnie des Loups</dc:creator>
        <category>Arménie</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Extrait de &amp;quot;mémoire de ma mémoire&amp;quot; de Gérard Chaliand&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://memoiredemamemoire.theatre-contemporain.net/public/memoiredemamemoire/./.SP_A0219_m.jpg&quot; alt=&quot;SP_A0219.jpg&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; /&gt;« … notre nation trois fois
millénaire a pu survivre par son obstination à parler notre langue et à
conserver sa foi. Cette foi, transmise à travers les mots familiers qui rendent
grâce au pain et au vin et à celui qui nous les dispense grâce à notre labeur.
Aussi avons-nous pu rester nous-mêmes à travers les siècles, qu’ils soient
fastes ou néfastes. Nous avons donné au monde chrétien ses premières et
peut-être ses plus émou­vantes églises. Et depuis, bien avant la grandeur de
Rome, que nous avons tenue en échec, et de Byzance, à laquelle nous avons donné
une de ses dynasties les plus illustres, nous avons survécu à toutes les
invasions, supporté toutes les destruc­tions, cultivé à nouveau ce qui fut
dévasté, rebâti ce qui fut saccagé. (…) nous avons envoyé nos marchands aux
confins du monde connu, participé, selon les circonstances, aux croisades pour
desserrer l’étau musulman, dont nous avions si fort senti l’étreinte. Puis,
nous avons été vaincus et asservis, comme tant d’autres et pour longtemps. Nous
avons aussi connu la dispersion sur trois continents. Souvenons-nous en ce
moment où nous sommes irrémédiablement seuls, sans aide aucune à espérer et
sans autre perspective que de durer, que notre peuple fête chaque année une
défaite, celle de Vartanants où, il y a un millénaire et demi, les nôtres
surent mourir pour ne pas accepter la conversion au mazdéisme des Perses.
Ainsi, il est des défaites qui sont des victoires, non qu’elles nous paraissent
telles pour nous qui les subissons, mais parce qu’au-delà de nous-mêmes, elles
prolongent ce pour quoi nous avons vécu et consenti à mourir. » Gérard
Chaliand&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Traditionnels ?</title>
    <link>http://memoiredemamemoire.theatre-contemporain.net/post/2006/11/21/Traditionnels</link>
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    <pubDate>Tue, 21 Nov 2006 22:21:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>En compagnie des Loups</dc:creator>
        <category>Arménie</category>
        <category>Frédéric de Rougemont</category>    
    <description>&lt;p&gt;Ici vous pouvez laisser vos souvenirs, vos engagements.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Vos impressions, parfums, étoffes, chants arméniens populaires ou
liturgiques nous passionnent. Laissez nous des bribes de vies et des traces que
nous suivrons ensembles.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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